Questions d’inventeurs
Mon brevet protège-t-il mes droits sur
ma technique, dès le dépôt de la première demande ?
La date de dépôt d’une demande initiale de brevet
fixe l’antériorité du déposant, mais le brevet ne prend effet qu’à la date de sa
délivrance officielle
J’ai un brevet national, suis-je obligé
de l’étendre à l’Europe (Union Européenne) et au reste du monde ?
Aucun inventeur n’est obligé de déposer un brevet
dans plusieurs pays, mais ses droits ne seront protégés que dans les seuls pays
où un brevet à son nom aura été définitivement délivré. (voir jurisprudence)
Est-ce que mon brevet protège bien la
totalité de mon invention ?
Non. Le brevet ne protège que les "dispositifs
" décrits dans les revendications. Il est rare qu’une invention complète
soit "entièrement brevetée ".
Le brevet n’est pas une couverture exhaustive, et, même après avoir été
délivré, il peut toujours être attaqué judiciairement par les tiers
Comment s’y prendre pour protéger
"le plus largement possible " une invention
Dans une invention technique complexe, il est
parfois possible de breveter plusieurs "dispositifs " mais il s’agira
de plusieurs brevets, avec les coûts correspondants, qui peuvent être
importants
Dans certains cas, les professionnels du brevet vous
conseilleront d’ajouter des "modèles déposés" mais le modèle ne protège que la forme, et
jamais la technique.
Peut-on me refuser la délivrance d’un
brevet, à cause d’antériorités trouvées dans d’autres brevets ?
En principe, oui, mais c’est rare, car, devant des
antériorités, vos Conseils vous feront modifier vos revendications, pour
qu’elles ne recoupent plus celles des tiers.
Si après le rapport de recherche, il
n’y a pas d’antériorités, je suis garanti que mon brevet est bon ?
Pas réellement. Un brevet est toujours délivré sans
garantie. Même en l’absence d’antériorités. Il est arrivé que des antériorités
aient surgi très longtemps après l’examen d’un brevet national, lors des
extensions à l’étranger, et, dans tous les cas, les organismes officiels qui
délivrent les brevets vous préviennent bien qu’ils ne peuvent rien vous
garantir, et que seul un Tribunal pourra dire si votre brevet est
« bon » ou non
Si je ne peux déposer qu’un brevet
national, est-ce que les étrangers peuvent me contrefaire sans que je puisse
les attaquer ?
Oui : Le brevet est un titre qui est valable,
pays par pays. Un brevet français ne vous protège pas en Espagne, et un brevet
belge ne protège pas une invention, en France. De nos jours, avec la
mondialisation, et l’Internet, si vous faites un premier dépôt, bien que vous
n’ayez aucune obligation légale, vous serez fatalement amené à faire de
nombreux dépôts à l’étranger, si vous voulez réellement disposer d’une
protection juridique "sérieuse "
Quelle confiance peut-on faire au
brevet ?
La confiance dans la qualité de protection que vos
moyens financiers vous permettront d’acquérir. Déposer un seul brevet national,
aujourd’hui, ne suffit pas, et de loin. Il faut "couvrir large "
géographiquement, et ceci explique les coûts élevés des brevets.
On m’a dit que je peux remplacer un
brevet par un Copyright
Mensonge. Le "Copyright " est une notion
qui appartient au droit anglais et américain. Cela n’a rien à voir avec le
brevet.
Certains inventeurs déposent des
Copyrights par Internet, pour moins de 10 euro. Que faut-il en penser ?
Ce n’est pas sérieux. Il n’y a pas de Copyright pour
l’inventeur.
Il est donc vrai que seul le brevet
protège l’invention, que c’est la seule solution, même si c’est très
cher ?
Non, le brevet n’est pas la seule protection
juridique qu’un inventeur peut utiliser. Il existe également le Droit
d’auteur. La protection est très différente, meilleure que le brevet, dans
certains cas.
Mais pour qu’un inventeur bénéficie du Droit
d’auteur, il doit satisfaire à des exigences légales qui n’ont rien à voir avec
les revendications techniques d’un brevet.
Mon Conseil m’a dit que le Droit
d’auteur ne protège que la forme d’un objet, mais pas son contenu technique.
Est-ce exact ?
Non, ce n’est pas exact. Le Droit d’auteur peut protéger
la totalité d’une invention, si celle-ci respecte les critères de la Propriété
Intellectuelle. Seul le "modèle déposé " est limité à la
protection de formes, à la condition, en plus, que ces formes ne soient pas
fonctionnelles
Alors, on peut remplacer le brevet par
le Droit d’auteur ?
"Remplacer" n’est pas le terme exact.
Brevet et Droit d’auteur ont des objets bien différents.
Le brevet protège des points techniques inventifs,
dans des inventions obligatoirement susceptibles d’industrialisation. (C’est
écrit dans le texte de la loi). Le Droit d’auteur, lui protègera la totalité
d’une création, si elle est originale, et si il en existe une réalisation
concrète.
Un inventeur peut se placer sous la protection du
Droit d’auteur, si son invention est bien "originale" ce qui sera le
cas, si l’invention en question est brevetable, car ce qui sera jugé
"inventif " sera original, par définition. Ce même inventeur pourra
également, s’il le veut, et s’il le peut, envisager de faire breveter tel ou
tel point technique pouvant exister dans son invention.
Il a été jugé par les tribunaux que les deux
protections peuvent être cumulées, pour une même création.
Si le Droit d’auteur peut protéger
l’invention, pourquoi déposer des brevets ?
Le brevet est dans les mœurs depuis longtemps. C’est
le moyen le plus connu, et il a sa valeur quand il est bien fait, mais il est
devenu notoire que son prix de revient n’est plus à la portée de la bourse des
particuliers.
C’est le "brevet industriel " l’outil des
industriels, essentiellement, et notamment de ceux qui ont d’importants moyens
financiers.
Nous dirons qu’il paraît sage de conseiller le
brevet à ceux qui en ont les moyens, et plutôt le Droit d’auteur à ceux qui
disposent de peu d’argent.
Même les industriels fortunés devraient
l’abandonner, si le Droit d’auteur est plus intéressant ?
Pas si simple : Le brevet est un formidable
outil financier, à terme, pour celui qui peut investir.
Le Droit d’auteur, de son côté, est un merveilleux
outil de démarrage, pour le "petit inventeur " car il implique peu de
frais, et représente une protection juridique bien réelle, lorsqu’il est
correctement manié par des gens compétents.
L’inventeur aurait intérêt à redéposer
le texte de son brevet, sous le régime du Droit d’auteur ?
Non : Le texte d’un brevet et l’invocation du
Droit d’auteur ne se rédigent pas du tout de la même manière. Il faut voir des
professionnels, dans les deux cas.
Le Conseil en brevet peut guider
l’inventeur ?
Pas en matière de Droit d’auteur. C’est l’affaire
d’experts et d’avocats spécialisés, qui sont, on le constate, peu nombreux.
Comment trouver un professionnel du Droit d’auteur ?
Les plus nombreux ne traitent que de la propriété
littéraire et artistique, (livres, musique etc.), mais il en existe quelques
uns, connus de groupements d’inventeurs,
qui traitent du Droit d’auteur de l’inventeur. Une ONG
"Ifraco" s’est spécialisée sur cette question, qui peut diriger les
inventeurs vers les spécialistes les plus compétents. On peut rechercher sur
Internet.
Que faut-il préférer, brevet ou Droit
d’auteur ?
Ce n’est pas une bonne manière de raisonner :
Il faut bien se renseigner, et, selon le type d’invention à laquelle on a
affaire, on peut utiliser l’un, l’autre, ou les deux, et gérer le problème des
coûts de revient, en finale.
Le Droit d’auteur coûte combien ?
Le Droit d’auteur ne coûte rien. C’est un droit
conféré gratuitement par la loi. Ce sont les démarches d’invocation correcte de
ce Droit, qui peuvent causer quelque dépense (très modeste par rapport au brevet), lorsqu’on utilise les services
de spécialistes
Quand vous allez devant le tribunal pour défendre un
brevet, vous avez des frais. Ce ne sont pas des "frais de brevet" ce
sont des frais de défense de vos droits. Avec le Droit d’auteur, l’avantage,
c’est que vous détenez le droit gratuitement, au départ.