Savoir exactement ce que
protège le Droit d'Auteur
dans le cas de créations de
caractère industriel

Ceux
qui ignorent le contenu exact de la loi sur le Droit d'Auteur vous diront
souvent que votre droit sera limité à la protection de "la forme" de votre
réalisation. On rencontre fréquemment ce terme de "forme", même dans
les jurisprudences où le Droit d'Auteur a été appliqué à un objet industriel.
Dans les intéressants
développements que nous offre M. Breese, à propos de la fragrance des parfums,
il parle de "forme olfactive".
Ceci doit vous permettre de
comprendre qu'il ne peut s'agir de la forme géométrique d'un objet: Carré,
rectangle, sphère etc., mais de la "mise en forme" concrète de la
chose que l'on a inventée. Une odeur n'a pas de forme, mais elle a une
conformation caractéristique, qui permet de la reconnaître individuellement,
par rapport à d'autres.
Le terme exact qu'il
conviendrait d'employer devrait être "conformation", pour parler plutôt
de "mise en forme" concrète, que de la forme de tel ou tel objet.
Le dictionnaire nous précise
bien ce qu'est une conformation:
1.
Manière
dont un corps organisé est conformé, dont ses parties sont disposées.
2.
Disposition dans l'espace susceptible d'être prise par les
constituants de…
C'est donc bien la
conformation de la chose que vous avez créée, qui doit exister et être
originale, pour que le Droit d'Auteur s'applique. Il est clair que cette
conformation est une réalité concrète, que l'on peut, selon ce dont il s'agit,
toucher, voir, entendre, sentir. La solution technique qui a été appliquée pour
la fabrication de la "chose", n'a rien à voir, dans cet ordre de
considérations.
C'est pourquoi certaines
créations, particulièrement celles qui sont dites des Arts appliqués, parce
qu'utilitaires, peuvent permettre à la fois le dépôt d'une demande de brevet,
basée sur une solution technique, (qui peut exister ou non, dans la
"chose" créée) et un Dépôt probatoire (Acte Déclaratif de Qualité
d'Auteur), basé sur la conformation originale de l'ensemble de la création dont
il s'agit.
C'est cela, le critère de
"forme" tellement controversé par ceux qui ne jurent que par le
brevet: La "mise en forme", en forme intelligible, et non pas le
simple aspect visuel des contours d'un objet.
Les tribunaux ne s'y
trompent jamais, qui parlent de "combinaison originale"
Dans
le jugement Morabito, par exemple, le Tribunal rappelle que "l’originalité
d’une création peut résulter de "l’originalité de
la combinaison des caractéristiques revendiquées par le demandeur (…), même si
chacune des caractéristiques peut être antériorisée."
C'est donc bien la
conformation générale de votre création qui vous confère le Droit d'Auteur, et non
pas sa forme apparente, comme certains voudraient vous le faire croire.